affiche du film Boulevard de la mort

Boulevard de la mort

Grindhouse: Death Proof


Genre : Horreur
Année de production : Death Proo
Réalisateur : Quentin Tarantino
Pays d'origine : MikeMop
Durée : oXfGqkbURaT
Production : Resources
Scénariste : Quentin Tarantino
Musique : Robert Rodriguez
Montage : Robert Rodriguez, Sally Menke
Casting : Resources

Synopsis :

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Le trailer

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Les critiques à propos de ce film

Un Tarantino mineur

Après sa saga « Kill Bill » (que j’avais adoré), j’attendais avec impatience le nouveau film de Quentin Tarantino. Quand j’ai appris le tournage de « Grindhouse » (un double programme composé d’un film de zombies réalisé par Robert Rodriguez (Planète terreur), d’un slasher mis en scène par Tarantino (Boulevard de la mort) et d’un entracte entre les deux films composé de fausses bandes annonces parodico-trash), j’en avais déjà l’eau à la bouche.

Seulement, cette double séance ayant été un échec cinglant aux USA, les producteurs ont décidé de sortir les deux films séparément en Europe, agrémentés de plus de vingt minutes supplémentaires chacun. Cette décision des producteurs m’a quelque peu refroidi, car je trouvais le concept de base original.

Cependant, aficionados depuis toujours du style Tarantino, je me suis rendu avec ardeur à l’avant-première de son Boulevard de la mort. Contre toute attente, la douche fut tiède, voire carrément froide et cela, pour diverses raisons :
D’abord, le film semble long, très long, avec des dialogues qui n’en finissent plus. Surtout qu’ils traitent, la plupart du temps, de choses anodines qui ne font pas avancer l’histoire. Il faut vraiment s’accrocher pour suivre certains passages.
De plus, le film a du mal à démarrer. Il faut attendre plus de la moitié du film pour voir apparaître une once d’action (le film est censé être un slasher). La mise en place des personnages dure une éternité.
Le scénario, quant à lui, est proche du néant, sans aucun enjeu dramatique. On pourrait le résumer en quelques lignes (un tueur traque et tue des jeunes femmes qui finissent par se rebeller contre lui). En outre, les personnages n’ont aucune profondeur et restent superficiels de bout en bout. C’est d’autant plus triste que le synopsis de départ aurait pu déboucher sur un excellent film s’il avait été mieux exploité. La version du programme « Grindhouse », écourtée dans sa durée, est sans doute plus mieux.

Tout n’est cependant pas à jeter, Tarantino n’a pas perdu sa maestro. Il a su inculquer à son film une atmosphère particulière qui le distingue des multiples blockbusters sortis cette année. En effet, la réalisation reste jubilatoire (couleurs délavées/saturées, montage décalé, une bande son seventies qui décoiffe, des plans qui sortent de l’ordinaire – dont un plan fixe durant plus de sept minutes)

Les courses poursuites en voiture (de véritables scènes d’anthologie) sont à couper le souffle. On a rarement vu des scènes de courses aussi jouissantes au cinéma. Si ces scènes sont si réussies, on le doit surtout à l’humour, omniprésent dans le film.

On peut prendre le film comme une grosse série B avec toutes les ficelles du genre : belles nanas sexy et peu vêtues, déferlante de mots grossiers qui fusent à outrance, stéréotypes à gogo, etc.. Il a également parsemé son film de multiples clins d’oeils cinématographiques, dont un à son précédent film (une sonnerie de GSM retentit avec la BO de Kill Bill).

Pour conclure, je dirais que l’on reconnaît bien évidemment les ingrédients qui font qu’on aime(ou qu’on n’aime pas) Tarantino, qu’il y a des moments fun (dont la dernière demi-heure qui est un ravissement pour les yeux et les zygomatiques), mais que l’ensemble manque de rythme et qu’il aurait dû largement raccourcir son film.

Panne d’inspiration ?

Note:

En tant que converti à l’art du sieur Tarantino, est-il utile de préciser l’extrême excitation qu’à suscité auprès de votre serviteur la mise en chantier du projet « Grindhouse » ? Il est sûrement plus intéressant de parler de la déception engendrée par la vision de ce métrage. Mais tout d’abord un petit mot d’explication sur le fameux concept « Grindhouse », car le semi-échec artistique du film tient en partie à l’échec commercial subit aux USA et à la dénaturation du projet qui en découle. Je m’explique : il était une fois une époque lointaine et révolue où existaient encore les cinémas de quartier. Ces lieux offraient, à qui le désirait, une alternative au cinéma grand public qu’on diffusait (qu’on diffuse) dans les grandes chaînes (de fast-food intellectuels ?). Ces salles projetaient souvent des films dit « de série b » ou d’exploitation, c’est-à-dire de genres (polars, art martiaux, horreur...). Dans les pays anglo-saxons, on trouvait même des double features : programmes permettant pour le prix d’un billet de voir non pas 1 mais 2 films. C’est dans cette optique que s’inscrivait initialement le projet de ces fanboys que sont Rodriguez et Tarantino.

Scindé en deux (le "Planet Terror" de Rodriguez est reporté à plus tard), amputés de ces fausses bandes-annonces réalisés par Edgar Wright, Rob Zombie et Eli Roth et engraissé d’une demi-heure pour l’exploitation européenne étant donné l’échec commercial américain, le concept de départ n’est plus qu’un lointain souvenir et c’est là que le bât blesse. En effet, l’excroissance subie par le film est particulièrement dommageable et bien que le réalisateur s’en défende, on perçoit l’obligation de faire du remplissage pour donner au métrage une durée plus conséquente. Dialoguiste de talent, on sent même poindre une nette baisse de régime à ce niveau-là. Les échanges qui atteignaient des cimes dans « Reservoir Dogs » et « Pulp Fiction » tutoyent ici des profondeurs d’ennuis abyssales. Sans parler des défauts rajoutés pour faire plus « dirty », ils paraissent superficiels et l’on regrette que le réalisateur ne s’en serve pas plus pour booster sa créativité (gardons tout de même de côté la fin de la séquence en noir et blanc !). La multitude d’hommage finissent par lasser et vont même jusqu’à agacer lorsqu’il tombe dans l’autoréférence complaisante. Monsieur Tarantino commencerait-il à tourner en rond ? Reste des scènes de courses-poursuites automobiles magistralement mise en scène (a-t-on même déjà vu ça ?), un Kurt Russel impérial et une Zoé Bell (doublure d’Uma Thurman dans Kill Bill) incroyable ! Des qualités qui aurait sans doute suffit à rendre valable nombre de films mais pas un Tarantino.