affiche du film Diary of the Dead

Diary of the Dead

George A. Romero's Diary of the Dead


Genre : Horreur
Année de production : 2008
Réalisateur : Georges A. Romero
Scénariste : George A. Romero
Musique : Norman Orenstein

Synopsis :

Les critiques à propos de ce film

Les limites du genre ?

Note:

Voguant sur la vague des caméras embarquées illustrée par le récent [rec], le mythique papa des morts-vivants qu’est Georges Romero nous revient modernisé dans la forme. Ses thèmes de prédilection, présents dès La Nuit des morts-vivants (1968), sont encore une fois déclinés : la médiatisation de la société, l’incurie gouvernementale et les contradictions de nos sociétés modernes. Cette fois, c’est une jeune équipe de cinéma qui se trouve au centre de la tourmente.

Malheureusement, si la forme était porteuse de promesses, elle se trouve remise en cause dans sa radicalité par le fait que le film qu’on voit à l’écran aurait été monté à la fin des prises de vues par une des protagonistes. Le résultat est donc hybride : une sorte de docufiction fictif qui enlève au procédé beaucoup de ses effets immersifs.

Au-delà des atouts et des problèmes formels, Diary of the Dead pêche surtout par une ambigüité quant à son approche, quelque part entre le film reportage et la comédie. Comme s’il ne croyait plus à son sujet et à ses possibilités, Romero parsème son films de gags inutiles qui enlèvent toute plausibilité aux réactions des personnages, ce qui faisait pourtant le charme de ses précédents films et donnait de la pertinence à son approche critique.

D’une certaine manière, Diary of the Dead est gâché, sans que sa vision soit désagréable pour qui aime le genre. On l’oubliera tout simplement très vite. Reste à voir si après avoir inauguré le filon du zombie, Romero ne vient pas de signer son épilogue en montrant qu’il est usé jusqu’à la corde et qu’il ne permet plus que d’en rire, ou du moins d’essayer.

Le film de la mort qui tue !

Note:

Dès sa séquence d’ouverture, on est rassuré sur l’état de santé du godfather of zombie : « Diary of the dead » enterre « Land of the dead » ! Avec une économie de moyens et d’effets qui force le respect, George nous offre ni plus ni moins qu’une leçon de mise en scène radicale lorsqu’il s’agit d’instaurer un climat apocalyptique.

La suite est tout aussi réjouissante même si une certaine baisse de régime se fait sentir à certains moments. Quoi qu’il en soit, on passe un très bon moment devant cette énième déclinaison du mythe du zombie version caméra subjective.

Car il ne faut pas se leurrer, comme à chaque fois chez le cinéaste, le film d’horreur cache bien plus qu’un rollercaster effrayant tournant à vide. Le sujet du film c’est avant tout l’omniprésence de l’image dans nos existences et la façon dont on la gère. Romero traite de ce nouveau statut d’envoyés spécial que chacun d’entre nous peut acquérir avec son téléphone portable comprenant caméra intégré et/ou autres objets révélateurs. L’expansion des nouvelles technologies a pris d’assaut les préocupations de nombreux réalisateurs ces derniers temps : de Cloverfield à Redacted en passant par Rec, souriez vous êtes filmés partout ! Il faut saluer l’intelligence de Romero tant la manière dont il aborde cette thématique est particulièrement pertinente dépassant l’aspect : effet de mode. Aucun doute là-dessus, « Diary of the dead » vous prendra aux tripes.